La crise en cours et la perspective de l’effondrement



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La crise ukrainienne considérée dans toute son ampleur est chargée d’une énorme potentialité de facteur déclencheur direct ou/et indirect du processus de l’effondrement du Système ; elle l’est comme aucune crise avant elle dans le défilé de crises  que nous considérons depuis 2001 et, surtout, depuis 2008. (Cette aggravation constante est évidemment dans la logique du processus.) Ainsi nous paraît-il caractéristique que, lorsque le site USA Watchdog interroge à propos de la crise ukrainienne Dmitri Orlov, qui est une sentinelle constante de l’hypothèse de l’effondrement des USA (voir http://cluborlov.blogspot.be/), l’entretien commence par des nouvelles du processus d’effondrement des USA. (nous considérons l’hypothèse “effondrement des USA” et l’hypothèse “effondrement du Système” sont une seule et même hypothèse, l’hypothèse “effondrement des USA” étant placée à l’intérieur de l’ “effondrement du Système”.

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L’enregistrement vidéo de l’entretien d’Orlov, le 19 mars 2014 sur YouTube, est intitulé : «Dmitry Orlov: Ukraine-Crimea Update, U.S. Will Self-Destruct in Near Future Update & More», – où l’on voit bien le lien entre crise ukrainienne et crise de l’effondrement. Le texte de USA Watchdog donnant une transcription résumée de l’entretien, le même 19 mars 2014, est, lui, présenté sous le titre «Collapse and Systemic Failure at All Levels Coming to U.S. – Dmitry Orlov». Entretemps, – de l’entretien parlé à son compte-rendu écrit, – l’évidence de l’exposé a conduit à le centrer sur la question de l’effondrement, – démonstration sémantique éclatante du lien entre la crise ukrainienne et l’effondrement des USA/du Système. Les deux premiers paragraphes du compte-rendu, – suivant en cela l’entretien, – sont effectivement consacrés à l’effondrement…

«Dmitry Orlov is a Russian blogger who writes about the parallel between the U.S and the USSR. Orlov lived through the financial collapse of the Soviet Union in the early 1990’s, and he thinks the U.S. is on the same trajectory. Orlov contends, “The trajectory is defined by this sort of incompetent militarism where more and more money results in bigger and bigger military fiascos around the world and less and less of actual foreign policy that can be pursued or articulated. There are massive levels of corruption. The amount of money that is being stolen by the U.S. Government and its various appropriations processes is now in the trillions of dollars a year. Runaway debt, the United States now has a level of debt that is un-repayable. All we’re waiting for is interest rates to go across the magic threshold of 3% and the entire budget of the country explodes. There are also all types of other tendencies that point in the direction of collapse and systemic failure at all levels.”

»So, how close are we to collapse or system failure? Orlov contends, “I am pretty sure that anyone who makes a prediction when the collapse will happen is wrong. Nobody can say when it will happen. It’s the same as saying a bridge that is structurally deficient; you don’t know when a truck is going to fall through into the river below. . . . You can be chronically sick for a long time, and then one day, you go into a coma or your heart stops. You cannot predict what day that will happen. Orlov does say, “The United States right now, from my point of view and the point of view from observers from around the world, is on suicide watch. It’s a country that is going to self-destruct at some point in the near future.”»

Nous citons ces observations de Dmitri Orlov pour remarquer aussitôt qu’elles rejoignent nos propres conceptions, – concernant les USA, comme Orlov, mais aussi, pour notre compte, concernant le Système as a whole, parce que les USA sont le timon du Système, et que le timon tient tout… Comme lui (Orlov), nous nous refusons à une prédiction, mais comme lui nous la situons dans le near future, et nous la substantivons nécessairement sous la forme d’un suicide pour les USA, ce que nous définissons comme une “autodestruction” pour le Système lui-même (selon l’équation surpuissance-autodestruction, ou transmutation de la surpuissance du Système, à mesure qu’elle se déploie et se renforce, en autodestruction du Système). Il s’agit de bien comprendre ce point qui est souvent mal compris, lorsque par exemple des remarques sont opposées à cette conception en s’appuyant sur la toute-puissance du Système (des USA), et donc sur l’impossibilité qu’il soit détruit par une résistance antiSystème, une force plus grande, – bien comprendre de notre propos enfin, une fois de plus et espérant que ce soit une fois pour toutes, que l’effondrement, la défaite, l’anéantissement, la dissolution, peu importe le nom, viendront nécessairement de l’intérieur de la chose. Cela traduit le paradoxe du “plus il est puissant” (le Système], “plus il s’effondre”.

L’idée du “suicide” des USA comme opérationnalisation de son effondrement, à partir d’une terrible pathologie d’une psychologie des USA qui ne fut qu’américaniste (c’est-à-dire prisonnière du Système dont les USA sont un des composants), qui ne parvint jamais à être “américaine”, c’est-à-dire à être la psychologie d’une nation que les USA ne parvinrent eux-mêmes jamais à devenir. Cette idée est illustrée par une terrible citation de l’Abraham Lincoln, de ses débuts en politique (1838), que nous avons plusieurs fois utilisée, qui sonne comme une affreuse prédiction sur le sort des USA, – et pour nous, bien entendu, sur le sort du Système… «En 1838, le jeune Abraham Lincoln, 29 ans, fit son premier discours après son élection à la Chambre comme Représentant de l’Illinois: “A quel moment, donc, faut-il s’attendre à voir surgir le danger ? Je réponds que, s’il doit nous atteindre un jour, il devra surgir de nous-mêmes. [...] Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d’hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant.”  

Mais la nation d’hommes libres’ découvre qu’elle n’est pas une nation et que la notion d’‘hommes libres’ est par conséquent une chimère, sorte d’American Dream d’un Lincoln combattant par cette conceptualisation sa terrible tendance au pessimisme et à la dépression de sa psychologie.

C’est avec ce contexte à l’esprit, – contexte historique, psychologique, opérationnel, etc., – qu’il faut appréhender la crise ukrainienne dans ses effets sur la crise d’effondrement du Système (des USA). C’est dans ce contexte que la crise ukrainienne nous apparaît d’une si grande importance, – et, répétons-le, nous reviendrons très rapidement et beaucoup plus en détails, sur le fait. La crise ukrainienne a d’ores et déjà dépassé, et de très loin, son champ stratégique et géopolitique, d’ailleurs emmenée par le système de la communication qui est la principale force d’influence de la psychologie. Notre chroniqueur du 19 courant… lui-même, quoiqu’un peu en retard (voir ce même 21 mars 2014), recommande l’inconnaissance à cet égard, signifiant qu’il est temps d’écarter l’accessoire de cette crise pour en venir à l’essentiel qu’elle nous apporte, c’est-à-dire son possible effet déclencheur de la phase finale de la crise d’effondrement (USA, Système) – effectivement, une opportunité d’une grande force, comme sans doute jamais auparavant, même si rien n’est assuré chronologiquement à cet égard. (Du «I am pretty sure that anyone who makes a prediction when the collapse will happen is wrong» d’Orlov, à notre «…nous nous refusons à prévoir des événements ponctuels parce que, à notre sens, nous ne le pouvons pas, – personne d’humain ne le peut».)

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