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Mohamed Gouali: «La navigation à vue risque de faire couler à jamais le pays»

Paru sur Elwatan.com  entretien avec Mohamed GOUALI par SAID Rabia

Pour la première fois, Mohamed Gouali quitte son domaine des finances pour aborder tous les segments de la vie nationale. Dans cet entretien, il dissèque les raisons de l’échec et les causes qui bloquent le développement du pays.

 «Nous travaillons actuellement avec des emprunts», a déclaré le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, pour signifier le maintien de la rigueur budgétaire. Comment voyez-vous l’avenir économique de l’Algérie à la lumière des décisions prises, l’actionnement de la planche à billets et la difficulté structurelle de sortir de la dépendance des revenus pétroliers ?

Même si j’approuve la logique des efforts du Premier ministre pour maintenir une certaine rigueur budgétaire, cela n’est pas suffisant. Il faut qu’il ait l’audace d’aller plus loin et faire en sorte que les préceptes de la discipline budgétaire soient plus qu’une mesure comptable.

Elle devrait être un état d’esprit, une culture politique inhérente à la gouvernance globale de l’Etat dans ses différents secteurs, et pas seulement une limitation de produits à importer lorsque l’argent vient à manquer. En outre, une rigueur budgétaire qui n’est pas adossée à une stratégie de développement d’une économie compétitive n’a aucune chance de réussir.

Je soutiens en effet que le cœur du problème de l’Algérie est l’absence de stratégie crédible à long terme. Où veut-on aller, que voulons-nous être ? Ce sont là des questions essentielles pour définir une orientation et donner un sens aux Algériens. A partir de là, on identifiera plus aisément comment y parvenir, les initiatives à prendre et le choix des personnes aptes à faire atteindre les objectifs définis.

Sans stratégie crédible, on continuera à prendre des suites récurrentes de mesures dont l’effet a prouvé à ce jour qu’il était neutre dans l’équation de développement d’une économie compétitive. Je prendrais deux exemples pour illustrer mon propos.

Le premier. Je lis, j’entends des responsables politiques exhorter les opérateurs économiques à exporter. Comme s’il suffisait d’exprimer un vœu pour que cela se réalise. Le discours à leur tenir est tout autre. Il faut les sensibiliser plutôt à investir dans l’innovation et la compétitivité. Ce sont là les véritables clés qui permettent d’accéder aux marchés internationaux.

Le second. L’Algérie a décidé de développer l’industrie de l’automobile. Cela a du sens. Cette industrie est à forte valeur ajoutée, elle absorbe une masse considérable d’emplois à tous les niveaux, et la demande locale est exponentielle.

« L’Iran a pris la même décision. Elle a négocié des taux d’intégration de 60% avec ses partenaires pour les voitures courantes et s’est déjà projetée dans l’avenir en construisant la première voiture électrique iranienne… »

L’Algérie, quant à elle, a préféré la solution du court terme et du profit facile, en assemblant des voitures avec un taux d’intégration dérisoire, sacrifiant ainsi ce qui auraient pu être les fondations d’une vraie politique industrielle à long terme.
Ce faisant, nous contribuons à accroître les gains de nos fournisseurs, à résorber le chômage de leurs pays, tout en important l’inflation avec un dinar fortement déprécié.

Ce modèle de développement approuvé par les gouvernements successifs est suicidaire. Il tue dans l’œuf l’innovation et fait rater à l’Algérie l’extraordinaire opportunité de construire un environnement propice à l’entrepreneuriat.
Il ne faut donc pas s’étonner que l’Algérie soit toujours un pays non émergent et classé par l’Observatoire de l’émergence en Afrique à la 14e place derrière la Tunisie et le Maroc.

 Puisque vous le dites dans le constat, le pays dépend toujours à 93% des revenus provenant des hydrocarbures. Où réside, selon vous, le problème, dans les politiques ou les Politiques ?

Je constate que les échecs du développement de l’Algérie remontent à plus de trois décennies. Je me risque à penser que l’essence du paradoxe algérien, à savoir un grand pays avec beaucoup d’atouts, mais qui n’en finit pas de stagner, réside dans le contexte historique dans lequel a été forgée notre histoire récente.

Ceux qui ont eu en charge l’Algérie n’ont pas eu la vision, le courage, voire la crédibilité, pour faire les évolutions incrémentales nécessaires qui fassent entrer notre pays dans la véritable modernité, et rendre les Algériens les sujets de leur Histoire.

Je suis néanmoins optimiste, car les échecs sont souvent une opportunité pour se réinventer, se surpasser, et rebondir plus loin. Il faut juste savoir quitter sa zone de confort intellectuel et accepter de se remettre en cause.

Il existe des approches et des solutions qui peuvent permettre à notre pays de faire un énorme bond en avant en moins de dix ans et devenir une vraie puissance. Il suffit de le vouloir au plus haut niveau de l’Etat. Et comme le disait l’ancien Premier ministre anglais Sir Winston Churchill : «Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge.» Le chancelier allemand, Gérald Schroeder, l’avait bien compris en décidant des réformes adaptées au contexte de son pays avec son «Agenda 2010» qui fait de l’Allemagne aujourd’hui le moteur de l’Europe.

Le nivellement par le bas, la recherche des profits politiques ou financiers à court terme fait baisser le seuil de vulnérabilité de l’Algérie. Et sachant que nous vivons dans un monde où les plus puissants détruisent les plus faibles, en faisant fi des lois internationales, cette question devrait être en permanence sur les radars de nos dirigeants.

 Vous dites que les échecs du développement de l’Algérie remontent à plus de trois décennies. Mais ne pensez-vous pas que notre pays a eu l’occasion inouïe de se placer dans la trajectoire du progrès et de la stabilité ? Qu’auriez-vous fait, vous, avec 1000 milliards de dollars ?

Lorsque vous n’avez pas la sophistication d’esprit nécessaire pour faire projeter votre pays dans le futur, et que vous n’avez pas conjointement l’expertise et l’expérience pour résoudre des problèmes complexes, tout l’argent du monde ne vous servira à rien. Au mieux, vous l’utiliserez comme une cagnotte à distribuer.

A contrario, chaque dollar est investi avec un fort souci de rentabilité à travers des gains économiques bien sûr, mais aussi en termes d’avancées sociétales et politiques qui concourent tous à l’essor du pays.

Il est étonnant que nous ne soyons pas en capacité de faire une analyse objective du bilan des mandatures précédentes. Tout bilan a un actif et un passif. Il nous faut apprendre à le faire avec sérénité, responsabilité, et maturité politique. Eviter de faire cet exercice obligatoire, c’est nous exposer aux mêmes erreurs à l’avenir. Ceci étant posé, je ne vais pas vous dire ce que j’aurais fais avec un trillion de dollars, mais plutôt comment on pourrait envisager l’avenir du pays, car aujourd’hui c’est ça qui compte.

Il existe une certitude. La façon de travailler «top-down» qui consiste à prendre des décisions à haut niveau sans corrélation avec la réalité et les attentes du pays, et le tumulte politico-économique dans lequel nous évoluons ne doit plus continuer. La navigation à vue, si elle continue, risque de faire couler à jamais le pays.

Je suis convaincu que l’Algérie ne devrait pas faire l’économie d’un débat national «bottom-up» qui devrait associer les composantes de la société civile et la société politique (dans un modèle d’organisation qu’il serait superflu de développer ici) pour aboutir à des propositions quantifiées sur les grands problèmes auxquels fait face notre pays.

J’en distingue en priorité : la réforme de l’Etat et nos institutions, l’éducation et la création d’un environnement de la connaissance, l’enseignement supérieur et son apport à l’innovation et la compétitivité, l’économie numérique, l’intelligence artificielle et ses applications sociétales, l’intelligence économique, la fuite des cerveaux, le rôle de la Défense dans le développement des industries de pointe, l’agriculture, le tourisme, la refonte du système financier, l’adaptation de notre diplomatie aux nouveaux challenges politico-économiques, et l’agrégation de notre mosaïque culturelle pour en faire un levier d’influence géostratégique.

C’est ce type d’approche qui permettra de dégager les grandes orientations du pays, ses doctrines, ses plans d’action, et pour les plus hauts responsables des tableaux de bord pour gouverner efficacement.

En outre, des femmes et des hommes émergeront de ces débats et ce seront, entre autres, eux qui porteront les projets de cette Algérie de la performance.

Cette dimension humaine est clé. Dans le monde d’aujourd’hui et de demain, un pays qui ne dispose pas d’une élite performante, et patriote est un pays mort ou en voie de l’être.

Il suffit d’observer le tsunami politique qui vient d’avoir lieu en Malaisie. L’ancien Premier ministre, le Dr Mohamed Mahathir vient de nouveau être élu à 92 ans pour redresser la situation de son pays, miné par la corruption. Moralité : peu importe votre âge, si vous êtes un dirigeant compétent et intègre, le peuple sait vous rendre grâce.

 Pensez-vous que ce n’est pas le cas pour l’Algérie ?

J’ai donné l’exemple du Dr Mohamed Mahathir pour souligner l’impact d’un leadership mondialement reconnu. Il avait la vision, la rigueur, l’ambition pour son pays, et un sens aigu de l’éthique et de la justice. Son peuple s’est rappelé de tous ces attributs et lui a de nouveau fait confiance en dépit de son âge. Il faut dire aussi qu’il a mené une campagne très dynamique. Comme Bernie Sanders aux Etats-Unis.

L’Algérie manque cruellement de leaders politiques depuis la maladie du Président et de leaders économiques de référence depuis bien plus longtemps. Cela se ressent dans la conduite des affaires de l’Etat et expliquerait en partie la stagnation voire la régression du pays.

 On est à moins d’une année de l’élection présidentielle, n’y voyez-vous pas là une occasion de changer ou d’adhérer à l’opinion de larges pans de la classe politique ? Si le Président en exercice se présente pour un 5e mandat, ne vaut-il pas mieux rester chez soi ?

Ce qui me préoccupe à quelques mois de la nouvelle élection présidentielle, ce n’est pas tant l’histoire du 5e mandat sur lequel je vais revenir. Non, le problème c’est le mutisme des partis supposés être de l’opposition.

Quel est leur apport à ces nouvelles élections ? Quelles sont leurs idées ? Quelles solutions préconisent-ils aux divers problèmes qui se posent à l’Algérie ?

Malheureusement, sur le fond des choses ils sont toujours silencieux. Les plus prolixes se contentent de disserter sur la fraude et l’absence de légitimité du 5e mandat.

C’est assez peu pour galvaniser les électeurs et instaurer une culture démocratique. Mais c’est beaucoup pour les adeptes du statu quo et donc du 5e mandat.

Pourtant l’heure est critique. La voix intérieure et extérieure de l’Algérie s’est éteinte depuis quelques années déjà. Même à l’ère des prestations par hologrammes, il n’y a rien de plus utile pour un Président que d’aller directement à la rencontre de son peuple.

Il n’est rien de mieux que d’aller porter avec autorité la voix de son pays dans les forums internationaux, négocier avec ses homologues les intérêts de son pays, construire un rapport de forces dans un monde dangereusement darwinien, tisser un réseau d’influence partout où les tendances de notre époque se dessinent. C’est aussi cela sa mission. La résolution des grands défis géo-économiques se négocie directement entre chefs d’Etat. Les négociations aujourd’hui ne sont pas seulement de l’ordre de la rationalité.

Elles comportent aussi une part substantielle d’empathie et d’intelligence émotionnelle que seul un contact direct peut produire. A-t-on oublié les effets salutaires des voyages du Président lors du premier mandat pour faire reprendre à l’Algérie sa place dans le concert des nations après qu’elle fut «mise en quarantaine» pendant la décennie noire ?

Par conséquent, continuer à ne pas pouvoir assumer pleinement cette tâche dans le contexte actuel est une catastrophe. L’Algérie est dans l’œil du cyclone de menaces et de provocations sournoises. Notre armée et nos services travaillent inlassablement pour assurer la sécurité du pays. Ils compensent dans une certaine mesure les faiblesses de notre diplomatie qui s’est avérée timide, car en manque flagrant de leadership, tâche qui fut assumée auparavant par le Président lui-même.

Le Président, dont on dit qu’il a toute sa force mentale, ne peut ignorer cela. Il sait parfaitement que l’Algérie a besoin d’un vrai leader, aussi dynamique qu’il l’a été, d’un visionnaire et d’un stratège pour réinventer l’Algérie, et lui ouvrir de nouvelles perspectives de développement et de prospérité.

 Vous vous montrez très optimiste, pourtant le contexte régional et international rend de plus en plus difficile les possibilités de sortie de crise. Pression de l’Union européenne, l’insécurité aux frontières, terrorisme, flux migratoire. Ajoutant cela aux problèmes internes, vous ne pensez pas que ce sont autant de freins pour que le pays puisse vraiment se réaliser ?

Mon optimisme tient lieu d’un état d’esprit positif, forgé par mon éducation et tout au long de ma carrière professionnelle aux divers postes de responsabilité que j’ai occupés. Pour moi, tout problème a une solution. Mais il serait vain de vouloir la trouver si vous persistez à réfléchir et à agir de la même façon que celle qui vous a conduit à l’échec.

Il faut par conséquent changer de paradigme ! Il s’agit d’aborder les problèmes que vous évoquez et d’autres encore qui sont latents avec un esprit d’urgence, lucide et pragmatique. Et en même temps redéfinir une nouvelle vision pour le pays, comme je l’ai souligné plus haut, car c’est aussi parce que l’Algérie a manqué de vision et de stratégie crédibles qu’elle se retrouve avec autant de situations complexes.
Tout est corrélé.

Si vous ne réussissez pas à faire adhérer la majorité du peuple à une politique qui lui donne de l’espoir, le fait rêver et le fait se surpasser ; si votre économie est factice ; et si en plus vous ne moralisez pas la vie publique, alors votre assise intérieure sera fragile et dans ce cas vous ne pourrez jamais avoir une diplomatie influente.

Pire, les ennemis du pays feront tout pour créer des points de tension, en l’occurrence à nos frontières, qui vont siphonner nos ressources financières, matérielles, humaines et même psychologiques.
Etre pragmatique, c’est aussi apprendre de ses erreurs.

Par exemple, comment pouvait-on signer en 2005 (!) un accord de libre-échange avec l’Europe, alors que nos entreprises, publiques ou privées, ne produisaient rien qui soit innovant et compétitif pour prétendre pénétrer avec succès les marchés européens. Elles ne le sont pas plus aujourd’hui d’ailleurs c’est-à-dire 13 ans après.

 Vous êtes expert en matière de fusion-acquisition. Quel est votre avis sur l’achat par Sonatrach d’une raffinerie d’Exxon en Italie, sachant que la transaction fait l’objet d’une vive polémique ?

Une entreprise algérienne qui fait des acquisitions transfrontières est en théorie une bonne chose. A condition de comprendre pourquoi elle le fait et à quel prix.

J’ai lu le communiqué de Sonatrach et la déclaration de son premier responsable et j’avoue avoir été surpris par sa teneur.
A lui seul, le communiqué de Sonatrach est un catalyseur de polémiques.

En premier lieu, je trouve que la justification du choix de la cible est très peu conclusive. Ce qui laisse la possibilité d’interpréter cette acquisition comme un hubris des dirigeants.

Une fusion-acquisition, quelle que soit sa taille, doit être adossée à une communication claire, précise et argumentée à la fois sur le plan stratégique et sur le volet financier.

Sonatrach est resté évasive dans ses arguments. Elle avait portant l’obligation (et l’intérêt) de clarifier sa position par rapport, entre autres, aux graves problèmes environnementaux que poserait le site acquis.

En plus de cet aspect qui relève de la méthodologie et de la communication, il existe dans le communiqué – et je me limite à cette unique source, car c’est elle qui indique la position de référence de la compagnie – plusieurs questions de fond qui interpellent.
On parle des «synergies envisageables».

En termes de croissance externe, toute fusion-acquisition n’a de sens que si elle s’appuie sur des synergies identifiées. Et les entreprises qui arrivent à les concrétiser ont 28% de chances de plus que la moyenne de créer de la valeur comme je l’ai indiqué dans mon livre Fusions Acquisitions, les 3 règles de succès aux Editions Eyrolles.

Tout décideur ne peut déroger à cette règle fondamentale. J’insiste beaucoup sur ce point lors de mes conférences ou dernièrement encore lorsque France Info m’avait sollicité.

Je suis vraiment choqué qu’au niveau de la direction générale d’un groupe comme Sonatrach, on laisse passer une telle expression aussi vague qu’incorrecte.

Vague, car les synergies sont toujours identifiées et sont de plusieurs types (ressources humaines, savoir-faire, nouveaux marchés, expansion géographique, mutualisation des achats, réduction des coûts, etc). Ce sont elles qui permettent de créer une valeur supérieure à celles que les deux entreprises peuvent créer séparément. C’est pourquoi on les évalue. Les synergies portent donc sur des aspects concrets et ont une valeur.

Elles sont un levier essentiel par lequel l’acquéreur justifie auprès de la communauté financière et industrielle, mais aussi auprès de son conseil d’administration le bien-fondé de la transaction.
Sonatrach a raté là une occasion d’affirmer sa crédibilité.

Incorrect, car les synergies ne sont pas «envisageables», mais sont plutôt une «option réelle», au sens financier du terme, c’est-à-dire une valeur réalisable, lorsque l’intégration des deux entreprises se déroule dans les règles de l’art. Le concept de «synergies envisageables» nous fait déplacer de la haute finance vers un jeu de hasard. Il y a aussi un autre détail qui est celui de la valorisation de l’entreprise acquise.

Qui a déterminé sa valeur intrinsèque ? Il est d’usage que soient mentionnés les noms des banques ou des cabinets conseils qui ont piloté l’opération. Cela n’a pas été le cas.

Le conseil d’administration de Sonatrach a-t-il approuvé cette acquisition a posteriori, c’est-à-dire après la clôture des négociations avec Exxon et la détermination du prix à payer comme cela est la règle prudentielle partout ailleurs ? Le communiqué, là aussi imprécis, parle de réalisation de la transaction à la fin de l’année (??!). Ce sont là des erreurs qui, si Sonatrach avait été coté dans une grande place financière, aurait de facto entraîné une dégringolade de son titre. Les marchés ont horreur des approximations et les sanctionnent immédiatement.

SAID Rabia pour Elwatan.com

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