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Fascination pour une Guerre Mondiale

  La crise des migrants à la frontière polono-biélorusse suscite chez des chefs militaires (anglo-saxons), d’une façon directe ou indirecte, des inquiétudes réelles. • Le chef d’état-major de l’armée britannique parle de la possibilité d’un conflit “par accident”, “par erreur”, etc. • En demi-teinte et entre les lignes, on comprend qu’il craint l’inexpérience et l’irréalisme des dirigeants politiques, et il en vient à regretter le “bon vieux temps” de la Guerre Froide où les adversaires savaient être dans les moments difficiles des partenaires conscients du danger commun et nucléaire.

Cela fait de nombreuses années que nous flirtons avec la perspective d’une “Troisième Guerre mondiale”, notamment dans cette période post-9/11 (l’attaque du 11-septembre). La première “occasion” sérieuse où la perspective fut envisagée courut durant les années 2006-2007, avec des tensions significatives entre les USA et l’Iran. Puis il y eut une chaude alerte dans le même sens, pour la première fois de la période avec la Russie, lors de la courte guerre de Géorgie d’août 2008 ; puis lors de la crise ukrainienne (avec coup d’État et guerre civile asymétrique) en 2014… Enfin, depuis, dans une atmosphère de tension générale et de simulacre, l’une et l’autre dans une forme crisique constante, de la part du bloc BAO (Bloc Américan-Occidentaliste), essentiellement en position de confrontation la Russie, puis avec la Russie & la Chine, sur divers “fronts”.

Cette fois, nous sommes sur la ligne Biélorussie-Pologne, pas loin de la Russie et de l’Ukraine, et en plein dans l’OTAN suite à son expansion transgressant tous les engagements et les stratégies de raison. Certains s’inquiètent, on dirait “objectivement” mais cela va encore plus loin, de cette tension grandissante. C’est ainsi la première fois qu’un avertissement discret mais sérieux est adressé, entre les lignes, à ses dirigeants politiques par un chef d’état-major britannique.

C’était le général Nick Carter, sur la radio du quotidien ‘The Times’ samedi, regrettant ouvertement le “bon vieux temps” de la Guerre Froide où une diplomatie sérieuse et aguerrie, des deux côtés, permettait d’écarter les risques d’erreurs grossières et de rodomontades stupides pouvant conduire à un conflit dont la fatalité nucléaire est évidente.

« L’émergence d’un “monde multipolaire” sur les cendres du système international bipolaire de la Guerre Froide a conduit à une plus grande concurrence entre les nations, qui peut facilement voir le Royaume-Uni ainsi que d’autres États occidentaux et la Russie s’opposer les uns aux autres, a déclaré le général Sir Nick Carter à ‘The Times Radio’ samedi.

 “Nous sommes dans un monde beaucoup plus compétitif qu’il y a dix ou quinze ans”, a déclaré Carter, qui est chef d’état-major des forces armées britanniques. “La nature de cette concurrence entre les États et les grandes puissances entraîne des tensions plus fortes.”

 Le général a ensuite averti les politiciens que la “nature” belliqueuse de certaines de leurs politiques pourrait conduire à une situation dans laquelle “l’escalade conduit à des erreurs de calcul”. Dans le même temps, il a accusé le Kremlin d’être prêt à tout pour soi-disant saper les nations d’Europe occidentale et les États-Unis.

 Carter, âgé de 62 ans, s’est montré quelque peu nostalgique de l’époque de la Guerre Froide en déclarant que “bon nombre des outils et mécanismes diplomatiques traditionnels avec lesquels vous et moi avons grandi pendant la guerre froide n’existent plus”. Il a qualifié la situation actuelle de “véritable défi auquel nous sommes confrontés”, ajoutant que, sans ces mécanismes de type Guerre froide, le risque est “plus grand”.

 Le général a déclaré qu’il pensait que le risque de guerre avec la Russie est plus grand aujourd’hui qu’à n’importe quel moment de sa carrière de 44 ans et il a conseillé au Royaume-Uni d’être “prudent”. »

Sans doute Carter n’a-t-il guère apprécié la dernière du ‘Sun’, qui annonce l’arrivée en Allemagne d’un missile hypersonique US (‘Dark Eagle’) à capacité nucléaire capable de toucher Moscou en un peu plus de deux minutes, ou plutôt six minutes, – ah non, finalement plutôt 21 minutes, – et, au fait, pas avant 2023 si le missile marche bien après tout… Qu’importe le détail et le vrai, le dessin schématisant les capacités du missile, avec explosion nucléaire sur Moscou, ne s’embarrasse pas trop de détails et contribue à la montée hypersonique de la tension que déplore le général britannique.

Même chose, d’ailleurs, du côté du Pentagone, où l’on s’emploie activement à démentir toutes les ‘vraies-FakeNews’ que publie régulièrement la presse “de référence” sur des attaques probables de la Russie (en Ukraine, en Pologne, au choix) qu’annoncerait le Pentagone à ses alliés européens. Du coup, Moscou et Washington démentent en même temps la même chose, – comme au “bon vieux temps” de la Guerre Froide ?

« Ces derniers jours, le Pentagone a minimisé l’importance de ces rapports, au point que les chefs militaires américains semblent être d’accord avec le Kremlin et ne voient aucune raison de s’inquiéter sérieusement.

» Par exemple, un jour après le rapport de Bloomberg, le Pentagone a seulement pu dire qu’il y avait des mouvements de troupes du côté russe qui semblaient “inhabituels” :

» “Nous continuons à surveiller cela de près”, a déclaré vendredi aux journalistes le secrétaire de presse du Pentagone, John Kirby, tout en appelant Moscou à expliquer publiquement ses intentions.

» “Sans entrer dans plus de détails pour le moment, je pense que c’est vraiment une question d’échelle. C’est une question de taille des unités que nous voyons”, a-t-il déclaré, ajoutant : “Toute action d’escalade ou agressive de la part de la Russie serait très préoccupante.”

» Le président du Comité des chefs d’état-major a également démenti toute action des Russes qui semble “ouvertement agressive”… “Nous avons vu cela auparavant”, a déclaré le général Mark Milley, président des chefs d’état-major interarmées, lors d’un forum sur la sécurité à Washington, affirmant qu’à ce stade, il n’y avait “rien de manifestement agressif” dans les actions de la Russie.

» “Alors, qu’est-ce que cela signifie ? Nous ne le savons pas encore”, a ajouté Milley. ”Mais nous continuons à surveiller avec toutes nos capacités”. »

Tout cela vaut bien quelques remarques, alors que le Royaume-Uni, dans le cadre de l’OTAN, a décidé d’envoyer 600 soldats sur la frontière polonaise, pour aider à l’édification du mur que les Polonais veulent y installer. La situation est effectivement de cette sorte d’ambiguïté : nullement un affrontement militaire mais un “affrontement” de pression et de communication pour faire entrer ou empêcher d’entrer dans un pays une masse de migrants. Cela se fait dans un tel état de tension, avec des acteurs présentant des attitudes de si grande affectivité, qu’on pense aussitôt à la possibilité d’une perte de contrôle, d’une “erreur de calcul”, d’un désordre plein de dangers involontaires (ou provocateurs ?)… D’où ces remarques :

• C’est la première fois depuis longtemps, si pas la première fois tout court de la période (depuis 9/11) que l’on voit des réactions de chefs militaires anglo-saxons (USA et UK), qui ne donnent à aucun moment l’impression d’être concertées et qui prennent des formes différentes, de freinage et d’appels à la prudence dans la situation polono-biélorusse (et ukrainienne), essentiellement bien sûr à cause de la Russie. On observe que ces démarches, très opérationnelles et sans volonté symbolique, s’adressent à deux acteurs principaux du Système : le monde politique et la communication (la presseSystème). L’intervention du général britannique Carter est surtout impressionnante, par l’aspect de critique de l’aventurisme provocateur vis-à-vis de la Russie du pouvoir politique. (Y compris la critique indirecte de la disparition de canaux diplomatiques structurés “entre l’Est et l’Ouest” permettant de contrôler conjointement une situation devenant conjointe à cause d’un risque d’affrontement.)

Cette occurrence, l’intervention de militaires anglo-saxons pour apaiser la tension, indique d’une certaine façon la perception qu’ont ces militaires de ce qu’ils estiment être la gravité de la situation à la lumière de la difficulté qu’ils éprouvent à la contrôler. La cause principale de cette perception est principalement que l’enjeu de la crise (les migrants) est un facteur qui échappe complètement à leur contrôle, qui n’a rien de militaire mais qui pourtant est utilisé comme une arme de “combat” : il s’agit effectivement d’une “guerre hybride”. Cela implique des acteurs de la crise eux-mêmes incontrôlables, à partir de jugements et d’arguments de la même sorte, et fortement marqués, effectivement, par ce que nous nommons “affectivisme”.

Un aspect remarquable, surtout pour notre compte en France, et essentiellement du côté de la droite intellectuelle, c’est une sorte d’incapacité d’échapper aux réflexes pavloviens de la Guerre Froide. Tel journaliste du ‘Figaro’ parlant comme argument de la preuve de l’“engagement” russe  de « l’ombre de Poutine derrière Loukachenko » ; Marion Maréchal et les gens du RN complètement sur la défensive et croyant devoir choisir la condamnation de l’évidente sinon hurlante complicité Russie-Biélorussie selon l’esprit de la bienpensance, pour avoir l’autorisation de condamner cette “attaque des frontières de l’Europe” par la migration. Ce pavlovisme de la Guerre Froide les place donc au côté des USA contre la Russie, bien qu’ils soient tous à parfaitement dévoiler la machination wokeniste américaniste pour infecter la structuration culturelle européenne. A cet égard, pour ce qui concerne la Russie et la Chine, ils pourraient s’inspirer du discours de Mélenchon qui, en échange, s’inspirerait de leur discours vis-à-vis du wokenisme. Ces contradictions internes, cette capacité des subtils intellectuels français de totalement manquer de subtilité lorsqu’il s’agit de naviguer entre le noir et le blanc sont singulièrement épuisantes.

• Au-dessus de tout cela, et puisqu’on parle à nouveau de la “Guerre Mondiale”, éventuellement troisième du nom, on complètera l’observation de la constante fascination terrorisée pour la possibilité de cette sorte d’événement de la part de tous les acteurs du système de la communication. Le spectre d’une “Guerre Mondiale” est clairement réapparu depuis 2006-2007 mais il pris une dimension crépusculaire, avec l’hypothèque du nucléaire clairement affirmée et reconnue, depuis la crise ukrainienne de 2014. Aujourd’hui, cette fascination pour la “Guerre Mondiale” prend à nombre d’égards une dimension lugubre, sinon suicidaire, comme si y présidait l’idée que la seule façon de sortir de la Grande Crise, de l’achever en un  sens, c’est de sortir “par le haut”, par la Grande-Guerre. Le problème absolument insoluble est certes qu’on ne négocie pas avec le nucléaire, qui est l’absolu du “tout ou rien”. Toutes les crises, – ou les sous-crises comme composantes de la Grande Crise, – sont marquées par cette folie impossible à assumer, et encore moins à objectiver rationnellement. On comprend que cela porte sur les nerfs.

• …Et l’on comprend alors mieux, – question de nerfs, – que le général Sir Nick Carter ne cache pas la piètre confiance qu’il a dans la capacité des hommes politiques, saouls de communication et de ‘spin doctors’, d’y comprendre quelque chose dans ce sens et de bien mesurer le danger. On comprend, nous, qu’il regrette si fiévreusement et tristement les Gromyko et les Kissinger d’antan. L’équilibre à cet égard est rompu : Lavrov vaut bien plus que Gromyko et il n’y a rien qui arrive au talon de la chaussette de la vieille canaille de Kissinger. Ce déséquilibre est une mesure de la Grande Crise.

Article source DDE

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